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  • Oli Moreaux

Rund um den See Butgenbach : Que cela doit être joli …

Rigueur toute germanique oblige, il était 15H très précise quand le speaker libéra les coureurs ce samedi 4 mai pour le semi-marathon autour du lac de Butgenbach. Après avoir couru sous 25 degrés à Chimay il y a 15 jours, le Delhalle faisait cette fois escale dans les cantons de l’Est où le mercure atteignait à peine les 2 degrés. On était toujours en Belgique mais on se serait cru dans le Jura ou les Vosges tant la météo se révélait peu en phase avec le calendrier.

Pas de quoi décourager les coureurs qui composaient un peloton de plus de 400 têtes pour les deux distances et après un départ sous le soleil, la course traversait le village de Butgenbach avant de revenir vers le lac. Les 4 premiers kilomètres ne présentaient guère de difficultés et c’est accompagné du sourire des signaleurs et spectateurs que le serpentin des coureurs s’ébrouait.

4ème kilomètre et la bifurcation entre les deux distances se profile. Heureux soient les adeptes de la courte car ils continuent leur chemin en pente douce vers le lac. Les inscrits sur le semi-marathon ont quant à eux une belle ascension entre les sapins au menu. Michel, que je venais de dépasser, avait eu le chic de me prévenir et c’est en mode endurance de base que j’arrivai au sommet.

Juste à la bifurcation, la route va s'élever...

Le parcours serpente à travers bois et rejoint le Ravel. Je passe le panneau annonçant le 7ème kilomètre et suis sous les 35’. Pas trop mal pour un coureur hors condition comme je le suis actuellement. Alors qu’on quitte le Ravel, on devine les berges du lac et le ciel s’assombrit instantanément. En moins d’une minute, on est passé d’un franc soleil à un ciel d’une noirceur d’encre. Quelques gouttes tombent et se transforment très vite en grêle. Le ciel pleure des cailloux de glace et il en tombe tellement que je suis obligé d’enlever mes lunettes, de tenir ces dernières de la main droite tout en utilisant ma main gauche comme une visière pour me protéger un tant soit peu. Cette averse hivernale durera 2 km et ce n’est qu’au panneau 9 et au deuxième ravitaillement que les grêlons se mueront en flocons.

Comme si ce n’était pas encore assez difficile, la deuxième côte du parcours nous attend. Une longue montée en deux temps et en S s’étend sur un bon kilomètre et c’est avec soulagement que la déclivité s’inverse une fois le panneau 10 franchi. On redescend au bord du lac et le décor est à la fois surréaliste et magique. On court dans un sous-bois, les branches ploient sous la neige et on est obligé de se baisser un peu pour éviter qu’elles nous fouettent le visage. A nos pieds, les racines affleurent. Elles sont glissantes et la neige toute fraîche ne nous permet pas de bien prendre appui. Magie du moment : la neige blanche recouvre à peine les pissenlits jaunes qui avaient pris un élan printanier pour pousser sans se douter que l’hiver restait tapi dans l’ombre.

11eme kilomètre, le parcours suit les berges du lac noyé sous un épais brouillard. Je suis sous l’heure au douzième et je me prends à rêver de rallier l’arrivée sous les 1H45. Le tracé nous emmène sur une passerelle en bois bien glissante et je me félicite d’avoir chaussé mes trails. Le concurrent qui me précède jure ses grands Dieux qu’on ne l’y aura plus… A le voir patiner de la sorte, je me demande s’il a réussi à placer son triple Axel.

13eme kilomètre et on quitte les berges du lac pour … un mur ! Je n’ai pas d’autres mots. Je me mets en mode guerrier et attaque cette ascension de loin la plus compliquée du parcours. La neige tombe toujours en flocons serrés. Je me repère à la concurrente qui me précède. Je fixe son dos et ne le lâche plus. Une fois au sommet, le faux-plat qui suit prête peu à la récupération. Je relance. 15eme, 16eme .. On redescend par un petit chemin vers les berges du lac. Il reste 5 km et dans mes calculs, il me reste 25’ pour en finir.

C’est parti pour les montagnes russes. Ce ne sera donc jamais plat. Même en bord du lac toujours sous le brouillard, le parcours monte et descend sans arrêt. Certes, ce n’est jamais long, quelques mètres tout au plus, mais c’est permanent. Ravito du 17eme, panneau du 18ième, je suis parti il y a 1H29. On sort du bois pour traverser la digue de retenue du barrage et on emprunte à nouveau le Ravel pour finalement terminer cette course dingue au pied du centre sportif… 1H44’41. 12,07 km/h pour 21,1 km et 310 M de D+. Un ravito final fruité et servant uniquement de l’eau, une douche bien chaude et il est temps de tirer les conclusions de cette course magnifique. Je reviendrai à Butgenbach, pour son décor, pour sa difficulté, pour la qualité de son organisation et pour la gentillesse de toutes les personnes rencontrées. J’y reviendrai car en plus d’être difficile, elle doit vraiment être magnifique … sous le soleil.

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