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  • Oli Moreaux

Waterloo morne plaine

Mis à jour : 19 mars 2019

Il était environ 15H20 ce samedi quand c’est arrivé. Participant au 13.000 yards de Waterloo, je m’étais élancé à 15H de l’école scandinave à la lisière de la forêt de Soignes. Je m’étais échauffé convenablement, augmentant progressivement la cadence et, même si j’accuse toujours le surpoids hivernal, les conditions météo laissaient présager d’une belle course.

Les premiers kilomètres confinaient toujours autant à l’optimisme : 4’27, 4’39 avant de quitter le ring et de rentrer dans les bois. La longue descente vers le fonds des Ails et sa partie boueuse se profilait et je me félicitais d’avoir enfilé mes trails pour l’occasion. 4’24 et toujours cette sensation de facilité. Quatrième kilomètre d’une course qui en comptait moins de 13, j’espérais bien rentrer sous les 56’. Je dépasse aisément des habitués du peloton. Avec le temps, ce sont toujours les mêmes qui nous dépassent et qu’on repasse. Le peloton permet de jauger de sa forme du moment. Le fonds des ails se termine et on arrive au 5ieme kilomètre. En descente depuis 2 bornes, le parcours oblique à gauche dans un petit raidillon pas bien méchant … Je m’y élance jusqu’à ce que soudainement une douleur fulgurante transperce mon mollet gauche. Ma foulée est stoppée nette, impossible de continuer et même poser le pied au sol est douloureux. Je me mets sur le côté, masse un peu la zone incriminée mais rien n’y fait évidemment.

Me voilà donc blessé, incapable de marcher sans grimacer et à 5 kilomètres du départ. Cela va être long. Je connais un peu les lieux pour y avoir souvent couru et donc, je me décide à couper à travers bois pour rejoindre le départ. Clopin-clopant, je rejoins le parcours et la longue file des coureurs en course à peu près au 9ieme kilomètre. Je marche en me mettant bien sur les côtés afin de ne pas les gêner dans leur progression. Certains m’encouragent, d’autres me demandent si j’ai besoin d’un médecin. Une personne se propose de venir me rechercher une fois sa course terminée. Quelle belle solidarité… Je pense que plus de 50 personnes m’ont adressé un petit mot de réconfort et dans ces circonstances, cela fait du bien.

Par contre, le peu de signaleurs m’a superbement ignoré. J’ai demandé à un si l’arrivée était loin mais il ne savait pas me répondre. Les autres regardaient ailleurs quand je suis passé. A titre personnel, ce n’est pas bien grave. Même si j’avais mal, je suis plus blessé dans mon amour-propre qu’à l’agonie. Je n’ose toutefois imaginer ce qui ce serait passé en cas de malaise respiratoire d’un participant. Le malheureux aurait eu le temps de mourir 10 fois avant d’être secouru. Ceci corrobore l’impression générale laissée par la course où les derniers du peloton n’avaient même plus de quoi boire à l’arrivée. Une copie à revoir donc du côté de la butte du lion… Au menu des prochaines semaines, du repos, de la glace et du gainage... Si je ne verrai pas les crêtes de Spa, j'espère être retapé pour le semi de Krka en Croatie mi-avril.

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